
Gengis Khan a droit à toutes formes d’honneurs, des plus illustres aux plus farfelues. L’aéroport international, la plus grande université du pays et même des nouveau-nés portent son nom.
Son portrait figure sur les billets de banque et sa statue trône, impériale, devant l’édifice du Parlement de la capitale, Oulan-Bator, qu’un ex-député propose d’ailleurs de rebaptiser en son nom : Gengis Khan. Ce culte produit aussi son lot de marques moins honorables (bière, vodka, cigarettes, porte-monnaie et autres babioles) qui évoquent maintenant le célèbre guerrier.
Cet illustre guerrier, parfois dépeint en Occident comme un barbare impitoyable a unifié les tribus mongoles factieuses au XIIIe siècle et ouvert la voie au plus grand empire contigu de l’histoire. Des nomades de l’arrière-pays jusqu’aux élites de la capitale, l’ensemble de la Mongolie lui en est reconnaissante. Pendant 70 ans, un autre empire, soviétique celui-là, a cherché à enterrer à jamais son souvenir, allant même jusqu’à interdire que l’on prononce son nom. Aujourd’hui, les Russes sont partis et les Mongols ont clairement sonné le réveil de leur héros.
En 2006, lors du 800e anniversaire des conquêtes entreprises par le « chef suprême », le président Nambaryn Enkhbayar a lui-même appelé ses compatriotes à s’en inspirer : « Nous, Mongols, devons être unis et n’avoir qu’un seul but, développer notre pays. Souvenons-nous de Gengis Khan et de ses grandes actions. » Alors que les Mongols s’efforcent de combattre la corruption, ils envisagent également d’adopter des mesures pour que le nom « Gengis Khan », comme les termes « démocratie » et « transparence », ne soit pas qu’un vain mot.
/B_billet> Partager sur FacebookCa fait plaisir de lire des articles de cette qualité qui présente ce pays largement oublié. Pour la folie "Genggis Khan" c’est tellement ridicule que les mongols en rigolent également : une vodka, des cigarettes, etc...
Les politiques se servent beaucoup du héros national pour flatter la fibre nationaliste des mongols qui sentent bien l’hégémonie de la Chine, du Japon et de la Russie sur la région.
Ce culte de la personnalité qui a remplacé celui de Sukhbattar a le même objectif : masquer les problèmes politiques derrière l’image fausse d’une société mongole uniforme : les mongols, unis, contre le reste du monde (en particulier contre les chinois).

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